Au hommes

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une adaptation

des Cahiers de Vaslav Nijinski

 

Traduction: Christian Dumais Lvowski et Galina Pogojeva

Présentation

 

Le 19 janvier 1919, lors de sa dernière représentation, Nijinski reste un très long moment immobile sur une chaise, devant le public, avant d’entrer dans une danse évoquant l’agonie des soldats dans les tranchées. Après cette ultime apparition, il rentre chez lui, se met à sa table et écrit les quatre cahiers, d’une traite, en trois mois. En pleine migration vers le “pays de la folie”, Nijinski écrit. Il ne dansera plus.

Notre adaptation de ces cahiers veut rendre compte de cette extraordinaire condensation de l’écriture où l’auteur veut tout dire dans un temps très court. Elle retrace le parcours incandescent de l’étoile Nijinski qui finit de se consumer :

“Je veux tout dire, tout. Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas quoi taire. Je veux dire dire je veux écrire et dormir j’écris écris écris. Tu écris écris.”

Le récit de ses promenades sont les moments charnières où l’écriture prend le relais du corps, comme si Nijinski marchait dans sa prose. La langue des poèmes est tendue entre les sonorités de l’enfance, la langue maternelle, le russe, et l’inventivité, l’énonciation folle proche de celle du schizophrène. On y entend des appels réguliers au sommeil, à la berceuse, et les leitmotivs débordants pleins du mot aimer.

Je ne suis pas un mouvement, je ne suis pas un un temps, temps et temps et temps et temps, je ne pas du temps du temps, tu te tu le temps passera, tu te tu le temps passera, je ne suis je que un homme, Homme un home,…

Ce refrain pourrait être la musique de sa dernière danse, son équivalent..., l’implosion du corps. Quatre acteurs, trois hommes et une femme, sont à eux tous Nijinski, la femme de Nijinski, son médecin, son amant et impresario Diaghilev mais aussi une poule, un chat-femme ou encore un arbre, un cœur qui bat, un corps : une voix proliférante qui déjoue l’identification à la figure de Nijinski. Restituer ce passage du mouvement du corps à celui de l’écriture c’est faire entendre les mots de Nijinski comme des oiseaux échappés de la phrase de la vie - la nécessité de “devenir toujours quelque chose pour ne jamais troquer la vie contre la mort” dans une parole dansée.

 

Distribution

 

Mise en scène : Pascale Nandillon

Collaboration artistique : Guillaume Bureau et Céline Finidori

Lumières : Cyril Desclés

Avec : Elie Baissat, Ghislain de Fonclare, Sophie Pernette, Jean-Christophe Vermot-Gauchy

 

Partenaires

 

Production : Atelier hors champ
En partenariat avec : Ramdam (Lyon), L'Échangeur (Bagnolet), La Fonderie (Le Mans), L'Anis Gras (Arcueil)
Avec le soutien de : la ville de Montreuil
Un spectacle présenté dans le cadre d'Actoral.7 aux Bernardines avec le soutien de L'ONDA et dans le cadre de Voisinages, temps fort pour les compagnies en région, manifestation soutenue par le conseil régional des Pays de la Loire, en coréalisation avec le TU de Nantes et L'espal - scène conventionnée (Le Mans). Représentations au Théâtre Berthelot (Montreuil) et à l'Anis Gras Arcueil