Ici c'est partout, voyez

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à partir de La Pluie d'été de Marguerite Duras et de L'Écclésiaste traduction de Henri Meschonnic

 

un film de l'Atelier hors champ

Générique

 

Écrit par Céline Finidori et Pascale Nandillon

Réalisé par Céline Finidori

Direction d’acteurs et dramaturgie Pascale Nandillon

Direction de la photographie Kamel Belaïd

Cadre Guillaume Bureau

Son Jean-Paul Bernard et Frédéric Tétart

Montage image Cédric Putaggio assisté de Azedine Kettani

Montage Son Florent Klockenbring

Mixage Gilles Bénardeau

Étalonage Isabelle Laclau

Scripte Aurélie Rouseau

Machiniste Claude Bourdais

Cuisinière Zoubida Achahboune

Acteurs :

Tevfik Almaz, Richard Bayle, Anastasia Bertre, Samantha Bertre, Christophe Besnard, Pierre Demay, Danielle Desvilles, Sylvie Deraedt, Ismael El Bou, Myriam El Bou, Ghislain de Fonclare, Alexandre Gasse – Sabourdy, Steevens Henry, Fathi Laanaya, Christine Lemercier, Fary M’benge, Tarsika Mohammed, Rémi Monbrun, Fama Niang, Diakhou Niang, Sophie Pernette, Cathy Racinne, Danièle Robelin , Nicolas Thevenot, Pascal Toutain, Michelle Renaudeau, Denis Wenger.

 

Un film financé par L’espal, scène conventionée du Mans

Produit par Red Star Cinéma - Gaëlle Jones

Avec le soutien de la Région des Pays de la Loire, en partenariat avec le CNC.

Fiction-59’ min-2009-France-support de tournage : HD-16/9-stéréo-25i/s

Le DVD comprend des extraits de scènes non-montées en bonus et un diaporama de la pièce de théâtre.

 

Présentation

 

À l’origine de ce projet de film il y a la question de l’expérience : celle d’Ernesto dans sa rencontre avec L’Écclésiaste - le livre brûlé - et celle des habitants du quartier des Sablons dans leur rencontre avec le roman La pluie d’été. À travers la fiction de La pluie d’été et la remise en fiction de ce que nous avions vécu et échangé avec les habitants, la réalité de notre expérience commune pouvait se faire jour et s’immiscer dans le scénario. Pour nous, cette réalité était tout autant la présence de l’acteur, son corps, son souffle, que le bruissement d’un arbre.

La parole de l’Écclésiaste dite par quatre habitants sur le plateau du théâtre se dissémine dans tous les plans du film. Avec le vent, elle accompagne un habitant jouant un personnage du roman, ou un autre rentrant du travail. Elle contamine les différentes strates de la narration du film. Le film joue avec ces glissements de terrains d’une temporalité à une autre (temporalité de la fiction – quotidien de ce quartier), d’une identité à l’autre, d’une fonction à l’autre, d’un corps à l’autre. Ainsi Ernesto est joué par un enfant, mais sa parole est relayée, au détour d’une séquence, par un technicien du théâtre.

 

“Le monde, il est là, de tous les côtés… ”

 

Certains lieux de la fiction agissent comme une force centrifuge - lieux repères de ce conte philosophique, immédiatement reconnaissables. L’appentis est juste le coin d’une pièce où les “brothers et sisters” et l’instituteur se réfugient. La cuisine, dans un des HLM, c’est un bout de table devant une fenêtre ouverte sur un arbre avec la mère qui se tient là, dans sa douce sauvagerie. Et le monde tourne autour d’elle: Ernesto, la fratrie, le père et sa dérive, l’instituteur, la journaliste, lointaine soeur des mendiantes qui peuplent les romans de Duras. La journaliste est celle qui apparaît, ça et là, au détour d’un chemin ou d’un immeuble, dans sa quête d’Ernesto et de sa sagesse désarmante.

Elle est aussi celle qui colporte la rumeur de la ville et les paroles échangées avec les habitants d’ici : comme celles de cet homme qui tentait désespérément de faire pousser de la menthe au pied d’une tour. Il rêvait, nous disait-il, d’une rivière qui reprenne son cours naturel et recouvre la cité. Son récit rejoignait celui de La Pluie d’été, ses espaces vierges, ses friches, lieux de sauvagerie, de l’entre-deux, de l’enfance.

La ville contemporaine n’accepte plus les lieux d’indécisions, elle n’aime ni la vacance, ni là où ça pousse…, tout seul…, sans engrais, sans tuteur, sans projet d’aménagement.

Quelles sont les équivalences aujourd’hui, ici, à ces lieux du roman ? Un local associatif abandonné et venteux au pied d’une tour, les alentours de la rivière, une machine hydraulique archaïque et rutilante exposée dans un musée, l’espace que l’on peut parcourir en courant entre deux immeubles, le ciel quand on lève la tête…

 

© Atelier hors champ