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Le monde est rond 

adapté du texte de Gertrude Stein

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crédit photo : Evgen Bavcar

Création radiophonique automne 2021

Dispositif d'écoute en diffusion

Création 2024-25

En recherche de production, de résidence et de diffusion

Le monde est rond (1939) est une longue comptine-poème-chanson et légende qui raconte le monde vu par les yeux d'une petite fille : Rose. Rose et son chien Amour, Willie et son lion sauvage constituent les principales figures de ce qu'on pourrait comprendre comme un récit initiatique qui s'ouvre, comme tous les contes, par "Il était une fois..." et se finit, comme tous les contes, par l'union du féminin et du masculin ; mais entre-temps, Gertrude Stein brouille les pistes et bouleverse les codes, fait de Rose l’héroïne intrépide et créative de sa renaissance.

Le texte est composé de 34 tableaux, qui décrivent comment Rose et Willie traversent leur monde d'enfant en inventant chacun leurs chants et leurs comptines bien à eux, combien Rose et Willie diffèrent et s'attirent, s'effrayent et s'espèrent.

L'ascension de la montagne par Rose (et sa chaise bleue) y occupe 20 tableaux parfois graves et sombres, au bout desquels Rose trouvera la sérénité, après avoir gravé sur le tronc d'un arbre l'anneau magique d'une phrase qui la protège comme le mantra d'une ritournelle infinie : "A Rose is a Rose is a Rose is a Rose...".

Le monde est rond, et le langage n'a pas été créé pour dire quelque chose en particulier, mais seulement pour que, perdu dans la forêt, on entende sa voix y résonner, que le monde fasse un peu moins peur et qu'on y soit un peu moins seule.

Le texte est rythmé par les comptines et les chants que Rose et Willie inventent, inscrivant dans la matière même du texte le lien évident entre texte et musique, une alternance entre voix parlée et voix chantée.

Tous les évènements qui font irruption dans le présent des enfants est immédiatement transformé par le jeu de ces chants qui permettent de les accueillir - sont-ce mêmes des évènements réels ou une pure invention ? le monde halluciné par les yeux de l'enfance ou le rêve mêlé de Willie et de Rose ?

       Gertrude Stein (1874-1946), écrivaine, compose avant le milieu du siècle dernier une ?uvre résolument avant-gardiste, où elle cherche un nouveau flux poétique, fait de répétitions, de variations, de recombinaisons, intégrant de façon évidente l'oralité et la lecture à haute voix comme une composante de son écriture... - contemporaine de V. Woolf et de J. Joyce qui cherchent de leut côté leur propre flux d'écriture et de pensée.

Arrivée en France en 1904, elle fréquente de près le milieu de l'avant-garde artistique parisienne dont elle collectionne les oeuvres les plus audacieuses : Picabia, Tzara, les cubistes et parmis eux Picasso avec qui elle se liera d'une amitié profonde. Bien que davantage attiré par les trouvailles de la peinture de son temps, les techniques de compositions qu'elle utilise pour l'écriture porte pourtant la marque d'une musicalité très contemporaine qui inspirera entre autre le compositeur John Cage ou la chorégraphe Anne Theresa de Keersmaeker...

Un oratorio

 

 Nous faisons travailler simultanément les voix et les sons, la voix parlée et la voix chantée.

Le texte original est si ancré dans le jeu des sonorités, des sororités de mots et de significations qu'il est parfois intraduisible. Nous élaborons une adaptation bilingue : nous faisons travailler côte à côte la langue originale du texte, l’anglais, qui constitue en quelque sorte notre ligne mélodique et rythmique et sa traduction en français. A travers la polyphonie des voix superposées, nous laissons entendre ce que chaque langue contient de singulier comme sensation et comme sens, comme poème et comme chant.

 

On sent chez Gertrude Stein le souhait de trouver dans l'écriture un équivalent au cubisme pictural. Tout le long des 34 tableaux qui composent le texte, elle tourne autour de son objet, recomposant ses phrases à partir des mêmes cellules, en boucle et variation. Les cercles magiques des ritournelles (comptines, chants) occupent une place essentielle. Sous l'apparente naïveté des images, sous le désir d'une langue économe et sans affectation, se cache une vraie étrangeté, un monde riche de sensations.

 

Nous nous autorisons une grande liberté formelle de composition et de jeu, explorant les facettes du récit, abordant chaque tableau du texte comme un monde en soi, tout en respectant sa progression dramatique. 

 

Ce grand collage de matières et de registres déploie une palette variée d’interprétation de la matière textuelle, des formes sonores et musicales : parfois monodique, avec peu de variations tonales, proche d'une méditation ou d'un mantra, parfois rythmée par la ritournelles des chants folkoriques et des musiques traditionnelles (celles existantes ou celles que nous inventons), ou encore par des chants lyriques qui créent de l’étrangeté et du baroque (en puisant chez Cage, chez Poulenc, Satie, Barber, les Beatles, Nymann…).

 

Chaque texte est travaillé collectivement en improvisation avant de fixer une écriture qui est alors enregistrée et qui sert de base à la composition

« En ce temps là le monde était rond et on pouvait tourner tout autour en rond et en rond. De toutes parts il y avait quelque part et de toutes parts il y avait des hommes des femmes des enfants des chiens des vaches des sangliers des petits lapins des chats des lézards et des animaux. C’est ainsi que c’était… 

Et puis il y avait Rose.

Rose était son nom et aurait-elle été Rose si son nom n’avait pas été Rose. Elle avait l’habitude de penser et puis de penser encore. Aurait-elle été Rose si son nom n’avait pas été Rose et aurait-elle été Rose si… 

Rose et son grand chien Amour se plaisaient ensemble ils chantaient ensemble des chansons, voici les chansons qu’ils chantaient…

 

I am a little girl and my name is Rose, Rose is my name

Why am I a little girl

And why is my name Rose

And when am I a little girl

And when is my name Rose

And where am I a little girl

And where is my name Rose

And which little girl am I am I the little girl named Rose

which little girl named Rose

 

She used to think and then she used to think again.

 

 

Et pendant tout ce temps le monde continuait simplement à être rond…»

 

« When I sing I am in a ring, and a ring is round and there is no sound and the way is white and Pepper is Bright and Love my dog he is away alright oh dear wailed Rose oh dear I never did know I would be here, and here I am alone all night and I am in a most awful fright… »

Le monde est rond de Gertrude Stein, traduction française de Anne Attali

Les Ateliers du Monde est rond

L'équipe du Monde est Rond souhaite proposer des ateliers en tous genres pour accompagner et permettre ainsi d’expérimenter notre travail scénique en continuant d’explorer les matières du texte et d’autres formes possibles.

Conception et adaptation

Pascale Nandillon & Frédéric Tétart v

 

 

Création collective / distribution version radiophonique

Juliette de Massy, Nina Lainville (chant lyrique / texte)

Sophie Pernette, Saul Marais (texte)

Frédéric Tétart (voix / musique)

et les voix de

Orphée Pourcines (chant / texte)

Martine Brisson (texte)

Laurence Chable (texte)

Iris Lainville-Richardson

Solal Nandillon-Tétart

Distribution version scénique

Juliette de Massy, Nina Lainville (Chant lyrique / texte)

Sophie Pernette, Agläé Bondon (texte)

Frédéric Tétart (voix / musique / palette graphique)

Pascale Nandillon (mise en scène)

Production

Cie Atelier hors champ (Le Mans), La Fonderie, Chahut !

                                                                  

                                                                                                                                                         

                                

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